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« Où va la philosophie française ? »

January 16, 2020 - January 18, 2020
9:45 AM - 7:00 PM
Université Paris I Panthéon Sorbonne ; Reid Hall ; Bibliothèque nationale de France

PROGRAMME COMPLET

 

INSTITUTIONS PARTENAIRES

Bibliothèque Nationale de France

Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Collège International de Philosophie

Columbia Global Center Paris

Les Rencontres Philosophiques de Monaco

Ecole Doctorale de Sciences Po – Paris

School of Philosophy – University College Dublin

 

COMITE SCIENTIFIQUE

Isabelle Alfandary (Université Paris III Sorbonne Nouvelle)

Joseph Cohen (University College Dublin)

Thierry Grillet (Bibliothèque Nationale de France)

Sandra Laugier (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

Astrid von Busekist (Sciences Po – Paris)

Raphael Zagury-Orly (Sciences Po – Paris)

 

La grande tradition de la philosophie s’est toujours pensée comme la possibilité inhérente à l’être humain de se départir de son ancrage lexical ou de son discours national en vue d’accéder à l’équilibre et à la concorde rationnelle. Toutefois, la philosophie n’aura jamais cessé non plus de se construire à partir de langues particulières et de se voir éclore à partir de lieux, de voix et d’écritures déterminées. C’est ainsi que nous parlons, par exemple, de « philosophie allemande », de « philosophie américaine » ou de « philosophie grecque », et, aussi, de « philosophie française ».

Toute l’histoire de la philosophie témoigne de cette tension, à tel point qu’elle n’a jamais été fixée dans l’une ou dans l’autre de ces deux tendances. En vérité, la philosophie conjugue ces deux trajectoires divergentes et ne cesse de réunir et d’apparier ces deux pendants.

Le colloque « Où va la philosophie française ? » ne se réduira pas néanmoins à une réflexion culturelle sur le rapport entre la langue française et la pensée philosophique. Certes, il visera à interroger la manière spécifique dont s’est développée la philosophie française en décelant en quoi, pourquoi, au prix de quels risques et au nom de quelles chances, elle se sera déployée dans sa langue et dans son histoire. Mais nous interrogerons aussi son réseau de signifiants hérités et les contextes lexicaux déterminés dans lesquels elle s’est exercée. Il nous appartiendra ainsi d’interroger à la fois les différentes approches et les hypothèses philosophiques qui auront émergé depuis la philosophie française elle-même : comment elle s’est engagée dans l’inventivité de « méthodes », d’« idées », de « concepts » philosophiques et comment elle aura accueilli au cours des siècles – et par là-même traduit et renouvelé – les courants majeurs de l’histoire de la philosophie occidentale et mondiale.

Notre dessein sera donc de penser le rapport entre la langue française et la pensée philosophique dans chacune de ces modalités en avançant les questions suivantes : en quoi la pensée philosophique se voit-elle affectée par la spécificité de la langue française ? Comment la pensée philosophique en général se voit-elle interrogée, voire réorientée par la langue française ? Quel avenir se tient encore en réserve au cœur de cette rencontre entre ces deux langues, philosophique et française ? Comment cette rencontre, si prolifique et subtile, peut-elle encore aujourd’hui, créer et inventer, à savoir, aussi, déranger, bousculer, provoquer la pensée elle-même à se dépasser et à se surpasser ? Quelles sont les préoccupations majeures de ce que l’on entend par « philosophie française » aujourd’hui ? Que partagent-elles et que ne partagent-elles pas avec la tradition philosophique ?

Afin d’avoir quelque chance de comprendre les enjeux actuels à l’œuvre dans les multiples transformations de la philosophie française contemporaine, il nous faudra repenser non pas uniquement le rapport de celle-ci aux autres traditions philosophiques, mais aussi aux autres disciplines du savoir et régimes de connaissance. C’est pourquoi ce colloque entend aussi marquer l’interdisciplinarité nouvelle des méthodes de questionnement ou d’analyse en philosophie. En effet, l’une des grandes singularités de la philosophie française au vingtième siècle aura été de décloisonner les disciplines et de démontrer ainsi l’interdépendance des approches conceptuelles en vue de proposer de nouvelles et inédites modalités à la pensée philosophique. Nous tenons à déployer la multiplication impressionnante des « gestes » philosophiques à l’œuvre en philosophie française. Et en misant sur le débat entre les différents courants à même la philosophie française, nous chercherons à présenter les questions les plus pressantes pour celle-ci tout en suggérant, sinon des passerelles entre ses tendances au moins des mises au jour de leurs principaux motifs. 

Aussi la programmation de ce colloque fera-t-elle varier les formats des prises de parole : panels/discussions autour d’un sujet ou d’un champ particulier, débats contradictoires entre différents courants théorétiques, ateliers sur une thématique particulière, conférences plénières, mini-conférences suivies de débats, etc. Ainsi, nous rouvrirons au cœur de la philosophie française un dialogue soutenu entre toutes ses composantes et ses courants divergents en proposant des intersections entre philosophie française et, par exemple, la psychanalyse, les sciences sociales, la philosophie analytique, la théorie politique, les études de genre, la théologie, la littérature, tout en conduisant les courants majeurs de la philosophie française à confronter leurs approches : phénoménologie, théorie critique, déconstruction, épistémologie, néo-réalisme ou réalisme spéculatif, etc. Nous verrons se construire depuis ces vecteurs multiples une reprise capable de mettre en question le statut du politique et de l’éthique, les différents domaines du savoir scientifique, et la définition de la pensée même. Une philosophie française qui loin d’être une « exception culturelle »  ou une tradition locale, est le cœur  battant de la philosophie contemporaine.

 

Ce colloque interrogera donc la « philosophie française » telle qu’elle s’énonce au présent et face au monde contemporain. En somme : « où va la philosophie française ? »

 

Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly

 

INTERVENANTS

Olivier Abel (Faculté de Théologie Protestante Montpellier)

Frédérique Aït-Touati (CNRS)

Isabelle Alfandary (Paris III Sorbonne Nouvelle)

Mohamed Amer-Meziane (Université Paris I Panthéon Sorbonne/Columbia University)

Catherine Audard (London School of Economics)

Ali Benmakhlouf (Université de Paris Est-Créteil et IUF)

Hourya Bentouhami (Université de Toulouse)

Gérard Bensussan (Université de Strasbourg)

Anne Emanuelle Berger (Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis)

Magali Bessone (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Etienne Bimbenet (Université Bordeaux Montaigne)

Michel Bitbol  (CNRS – ENS Paris)

Livio Boni (Collège International de Philosophie)

Benjamin Boudou (Max Planck Institute for the Study of Religious and Ethnic Diversity)

Dominique Bourg (Université de Lausanne)

Fabienne Brugère (Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis)

Florence Burgat (INRA)

Philippe Büttgen (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Pierre-Henri Castel (CNRS – Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris)

Catherine Chalier (Université Paris Ouest-Nanterre)

Pierre-Antoine Chardel (Institut Mines Telecom Business School – Paris)

Hélène Cixous (Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis)

Emanuele Coccia (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris)

Joseph Cohen (University College Dublin)

Ariel Colonomos (CNRS – Sciences Po Paris)

Marc Crépon (CNRS – ENS Paris)

Monique David Menard (Université Paris Denis Diderot)

Vincent Delecroix (EPHE – Paris)

Marc de Launay (CNRS – ENS Paris)

Nicolas de Warren (Penn State University)

Natalie Depraz (Université de Rouen)

Ophélie Desmons (ESPE – Sorbonne)

Laurence Devillairs (Institut Catholique de Paris)

Georges Didi-Huberman (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris)

Jean-Pierre Dupuy (Stanford University)

Elie During (Université Paris Ouest-Nanterre)

Eric Fassin (Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis)

Cynthia Fleury (CNAM – Paris)

Michael Foessel (Ecole Polytechnique – Paris)

Geneviève Fraisse (CNRS, ancienne députée)

Nicolas Franck (CHU – Lyon)

Camille Froidevaux-Metterie (Université de Reims)

Marie Garrau (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Claude Gautier (ENS – Lyon)

Marc Goldschmit (Collège International de Philosophie)

Marie Goupy (Collège International de Philosophie)

Haud Guégen (CNAM – Paris)

Pierre Guénancia (Université de Bourgogne)

Sophie Guérard de Latour (Université  Paris I Panthéon Sorbonne)

Bertrand Guillarme (Université Paris VIII Vincennes Saint Denis)

Stéphane Habib (IHEP Paris et IHP Sainte-Anne)

Chantal Jaquet (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Denis Kambouchner (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Bruno Karsenti (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris)

Elise Lamy-Rested (Collège International de Philosophie)

Catherine Larrère (Université Paris I Panthéon Sorbonne)

Sandra Laugier (Université Paris I Panthéon Sorbonne et IUF)

Guillaume Le Blanc (Université Paris Denis Diderot)

Jérôme Lèbre (Collège International de Philosophie)

Anne Lefebvre (ENS – Saclay)

Robert Maggiori (Libération et Rencontres Philosophiques de Monaco)

Eric Marty (Université Paris Denis Diderot)

Jean-Claude Monod (CNRS – ENS Paris)

Pierre Montebello (Université de Toulouse)

Vanessa Nurock (Université Paris VIII Vincennes Saint Denis)

Luca Paltrinieri (Université de Rennes et Collège International de Philosophie)

Corine Pelluchon (Université Paris Est Marne-la-Vallée)

Philippe Portier (EPHE – Paris)

Jean Michel Rabaté (University of Pennsylvania)

Judith Revel (Université Paris Ouest-Nanterre)

Camille Riquier (Institut Catholique de Paris)

Claude Romano (Université Paris Sorbonne)

Jérôme Rosanvallon (Collège International de Philosophie)

Stéphanie Ruphy (Université Lyon III)

Julie Saada (Sciences Po Paris)

Jean Michel Salanskis (Université Paris Ouest-Nanterre)

Gildas Salmon (CNRS – Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris)

Nathalie Sarthou-Lajus (Revue Etudes, Paris)

Patrick Savidan (Université de Paris Est-Créteil)

François-David Sebbah (Université Paris Ouest-Nanterre)

Claudia Serban (Université de Toulouse)

Anne Simon (CNRS – Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris)

Brigitte Sitbon (Ministère de l’Education et de la Jeunesse)

Peter Szendy (Université Paris Ouest-Nanterre)

Frédéric Worms (ENS – Paris)

Raphael Zagury-Orly (Sciences Po Paris et Collège International de Philosophie)

 

 

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