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Week-end des écrivains du monde

June 9, 2017 - June 11, 2017
7:00 PM - 6:00 PM
Paris

Week-end des Écrivains du Monde
"Résonances Afrique Caraïbes"

Tous les événements à Reid Hall sont gratuits et ouverts au public

Au programme à Reid Hall (4 rue de Chevreuse, 75006 Paris) :

le vendredi 9 juin

19h-21h : "Le monde est mon langage" avec Emmanuel Dongala et Alain Mabanckou, animée par Katell Pouliquen, Elle Magazine

Quelle est notre langue ? Est-elle celle avec laquelle nous naissons, celle que l’on choisit d’apprendre, de parler, dont on hérite ? Ou ce langage patchwork fait de métissages, enrichi au gré des rencontres et voyages que l’on apprend au fil de notre existence ? Quelle langue choisir pour l’écriture quand on est l’héritier de plusieurs cultures ? Tradition­nelle ou cosmopolite, littéraire ou orale, la langue est plus qu’un moyen d’expression pour l’écrivain. Elle peut être un geste politique qui affirme des identités et abolit les frontières. Deux écrivains nous parleront de leur rapport à la langue et de la façon dont elle reflète le monde.

Emmanuel Dongala est né en 1941 d’un père congolais et d’une mère centrafricaine, et a quitté le Congo au moment de la guerre civile de 1997. Grâce au soutien actif de Philip Roth, il trouve refuge aux États-Unis, où il a longtemps enseigné la chimie et la littérature. Son œuvre est traduite dans une douzaine de langues. Il vient de publier La sonate à Bridgetower (Actes Sud, 2017), hommage à George Bridgetower, célèbre violoniste métis aujourd’hui oublié, qui a marqué de son talent le siècle des Lumières.

Alain Mabanckou, écrivain franco-congolais, est né à Pointe-Noire en 1966. Il a reçu le Grand prix littéraire d’Afrique noire pour son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge (Présence Africaine, 1998) et il a reçu le Prix Renaudot pour Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006). Il est premier romancier titulaire, en 2016, de la chaire annuelle de « création artistique » au Collège de France. Il a dirigé Penser et écrire l'Afrique (Seuil, 2017), réunissant des interventions d’auteurs et d’intellectuels majeurs.

Katell Pouliquen est rédactrice en chef à ELLE. Passionnée par les cultures africaines, elle est l’auteur de Afro, une célébration (éditions La Martinière).

21h-22h30 : "Les Grands espaces littéraires, une lecture musicale sur des textes de Dany Laferrière" présentée par Arthur H et Nicolas Repac

Pour ouvrir la boîte de Pandore  des littératures des nouveaux mondes, voici la recette : il vous faut, une voix sensuelle, grave, de bluesman au long cours,  celle d’Arthur H ; une musique envoûtante et hypnotique d’un arrangeur alchimiste des temps modernes, celle de Nicolas  Repac. Compagnons de route depuis plus de vingt ans, ces  artistes portent avec émotion  et fantaisie les pépites d’une littérature contemporaine qui écrit une poésie de la créoli- sation du monde pour la rendre « rayonnante d’optimisme et  d’amour ». Pour découvrir ou redécouvrir les mots de Dany Laferrière, ce trublion haïtien,  nord-américain et fondu de Jorge Luis Borges, Arthur H et Nicolas Repac nous proposent une traversée métissée de ses écrits...

Lecture créée lors du festival « Le goût des autres » au Havre en 2017.

Arthur H, musicien et chanteur, se définit comme « un homme de danse, de transe, d’intime, de chansons populaires et de chansons hors format, homme de mots, homme de son ». En 2015, il publie Le Cauchemar Merveilleux (Actes Sud), poésie punk-mystique, provocante et douce, plongée exubérante dans la réalité folle d’un monde cacophonique. Il a enregistré avec Nicolas Repac, L'Or noir (Naïve), une mise en musique de la poésie francophone des Caraïbes.

Nicolas Repac, guitariste, compositeur, arrangeur et producteur, est l’un des maîtres français du sample. Il a notamment réalisé Black Box (no format), magnifique voyage musical consacré au blues. Des work songs des prisonniers noirs captés par Alan Lomax dans les années 30 à la mélopée d’un chaman amérindien en passant par la gouaille créole des conteurs d’Haïti, il décline la multiplicité de ses visions du blues.

 

le samedi 10 juin

15h-16h30 : "Penser l'Afrique de demain" avec Séverine Kodjo-Grandvaux, Alain Mabanckou, Achille Mbembe, Felwine Sarr, animée par Serge Michel

Aujourd’hui, l’Afrique apparaît comme l’un des continents où se jouera l’avenir de la planète. De l’Afrique colonisée à l’Afrique redessinée, où en est­on en ce début de XXIe siècle ? Quel visage prend l’Afrique dans le monde du capitalisme mondialisé ? Entre tradition et modernisation, il est nécessaire de penser l’Afrique de demain, celle qui se construit entre flux migratoires et embarcations de fortunes, indéniables progrès et difficultés politiques. Nous parlerons d’une Afrique en pleine mutation, qui se réapproprie son destin, revalorise ses langues et défend la richesse et la diversité de sa culture.

Séverine Kodjo­ Grandvaux, philosophe,
est correspondante pour Le Monde Afrique 
à Douala et collabore au supplément 
« Idées » du quotidien Le Monde. Elle a publié Philosophies africaines (Présence Africaine, 2013). Avec Felwine Sarr, elle a été en charge de la programmation du Pavillon des lettres d’Afrique au Salon du Livre (Paris, 2017).

Achille Mbembe, né au Cameroun, enseigne à l’université de Johannesbourg en Afrique du Sud ainsi qu’aux États-Unis. Il a notamment publié De la postcolonie. Essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine (Karthala, 2000), Sortir de la grande nuit. Essai sur l'Afrique décolonisée (La Découverte, 2010)
 ou encore Politiques de l'inimitié (La Découverte, 2016). Il co-dirige avec Felwine Sarr les « Ateliers de la pensée ».

Felwine Sarr est un écrivain, économiste, universitaire et musicien sénégalais. Il est professeur à l’Université Gaston-Berger
de Saint-Louis du Sénégal. Il a notamment publié Dahij (Gallimard, 2009) ou encore Afrotopia (Philipe Rey, 2016). Il co-dirige avec Achille Mbembe « les Ateliers de la Pensée », journées de réflexion qui se sont tenues à Dakar en octobre 2016. Les actes, Écrire l'Afrique-Monde, viennent de paraître aux éditions Philippe Rey.

Serge Michel est grand reporter au Monde et rédacteur en chef du Monde Afrique, l’édition africaine (et numérique) du Monde. Il a notamment publié Chinafrique (Grasset, 2008 – édition augmentée Hachette, 2011).

 

17h30-19h : "L'énigme du retour", avec Kidi Bebey, Max Lobe, Abdourahman A. Waberi, animée par Yann Pereau

Faire l’aventure : cela signifie prendre la route, partir, s’exiler. Faire l’aventure c’est se réinventer, chercher à exister ailleurs, autrement. Qu’en est­ il, alors, quand on doit faire le chemin en sens inverse ? À quel monde appartient­ on, devient­ on un étranger dans son propre pays ? Interrogeant les fractures liées à l’exil, trois romanciers reviennent sur les paradoxes de l’identité et des origines.

Kidi Bebey, née à Paris de parents camerounais, est écrivain et journaliste.
 Elle a grandi dans un milieu familial baigné de musique et de culture : son père Francis Bebey est un écrivain et musicien renommé. Son parcours témoigne de son intérêt prononcé pour la musique, la danse, les destins de femmes, l’univers de l’enfance et de l’adolescence. Son premier roman, Mon royaume pour une guitare (Michel Lafon, 2016) est inspiré de son histoire familiale.

Max Lobe, né à Douala, arrive en Suisse 
à l’âge de 18 ans. Bercé par la littérature 
et les contes négro-africains, il se consacre 
à la littérature avec une plume vive, drôle 
et rythmée. Il a, entre autres, publié 39 rue
 de Berne (éditions Zoé, Prix du Roman des Romands, 2014) et Confidences (éditions Zoé, 2016) qui vient d’obtenir le Prix Kourouma 2017. Ce récit très personnel sur le retour
 au pays retrace l’histoire de l’indépendance du Cameroun et sa guerre cachée.

Abdourahman A. Waberi, né en 1965 à Djibouti, vit entre Paris et Washington
 où il enseigne la littérature. Depuis Le Pays sans ombre (Le Serpent à Plumes, 1994), premier volume d’une trilogie consacrée
 à son pays d’origine, jusqu’à la Divine Chanson (Zulma, Prix Louis Guilloux 2015), son œuvre romanesque est traduite dans une douzaine de langues. Il vient de publier Aux États-Unis d'Afrique (Zulma, réédition 2017), qui entre politique fiction et conte voltairien, fait du continent noir le centre économique et intellectuel du monde, tandis que les damnés de la terre se concentrent dans une Euramérique miséreuse.

Yann Perreau est auteur, journaliste et critique littéraire. Il collabore à diverses publications et médias (Art Press, Les Inrockuptibles, Vanity Fair, France Culture, etc.). Il a été Attaché culturel adjoint à Londres puis à Los Angeles et a publié plusieurs livres, sous son nom ou d’autres, le plus récent étant Incognito. Anonymat, histoires d’une contre-culture (Grasset 2017).

 

20h-21h30 : " Littérature et justice : comment rendre une parole possible ? " avec Christiane Taubira et John Edgar Wideman, animée par Sandrine Treiner

Comment faire entendre la voix de ceux que l’on refuse d’écouter ? Comment redonner corps aux oubliés de l’Histoire ? Par quels moyens peut ­on renverser l’injustice et insuffler de l’espoir ? Deux auteurs aborderont le rôle nécessaire de la littérature pour défaire les liens souvent encore trop étroits entre justice et racisme. Contre le silence et l’acceptation des inégalités, ils prônent l’écho bruyant du récit et de la fiction, prolongeant ainsi le combat de Martin Luther King et la lutte pour les droits civiques. John Edgar Wideman et Christiane Taubira évoqueront leur choix de « prendre les mots comme refuges » et le combat tacite que la littérature a décidé de mener contre l’oubli.

Sandrine Treiner, écrivain, est directrice de France Culture. Elle a publié notamment L'Idée d’une tombe sans nom (Grasset, 2013) et vient de contribuer à la dernière livraison de la revue annuelle Le Courage consacré au thème « Âge d’Or / Âge de fer » (Grasset, 2017).

Christiane Taubira, Garde des Sceaux de 2012 à 2015, ministre de la Justice jusqu’en 2016, est une figure emblématique de la vie politique française. Députée de Guyane de 1993 à 2012, elle a rédigé la proposition de loi visant à reconnaître la traite négrière et l’esclavage. Elle a également proposé une loi contre le harcèlement sexuel et défendu la légalisation du mariage pour tous en France. Femme de lettres, passionnée de littérature et citoyenne engagée, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages aux éditions Philippe Rey: L'Esclavage raconté à ma fille (2015), Murmures à la jeunesse (2016) et Nous habitons la terre (2017).

John Edgar Wideman est l’une des figures majeures de la littérature afro-américaine. Il est le premier écrivain à avoir reçu deux fois le PEN/Faulkner Award for fiction. En 2011, le Anisfield-Wolf Book Awards lui est décerné pour l’ensemble de son travail et son importante contribution à l'analyse
 du racisme et à l’appréciation de la diversité. Écrire pour sauver une vie (Gallimard, 2017) revient sur le cas d’Emmett Till, cet adolescent noir victime d’un crime raciste dans les années 50 dans le Sud des États-Unis. Faits historiques et éléments autobiographiques s’entrelacent pour former un récit vibrant et personnel, radiographie d’une société américaine rongée par l’injustice et la violence.

 

Au programme au Cinéma L'Arlequin (76 Rue de Rennes, 75006 Paris) :

le dimanche 11 juin

16h : Projection-discussion du documentaire, "I am Not Your Negro" de Raoul Peck. Projection suivie d'une discussion avec Tania de Montaigne, animée par Caroline Fourest. En partenariat avec le collectif James Baldwin.

Durée : 1h34 - Tarif : 7,10€

À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro­ Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine, en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par par Samuel L. Jackson dans la version américaine et Joey Starr dans 
la version française. "I Am Not
 Your Negro" a remporté de nombreuses recompenses dont le Prix du Meilleur documentaire à Philadelphie, le Prix du Public 
à Toronto et à Berlin (ainsi que la Mention spéciale du jury œcuménique) et a été nommé aux Oscars 2017 dans la catégorie Meilleur documentaire.

Caroline Fourest est essayiste, réalisatrice, co-fondatrice de la revue ProChoix (féministe, antiraciste et la que) et chroniqueuse à Marianne. Elle enseigne à Sciences-Po le cour « Multiculturalisme et Universalisme ». Noire de Tania de Montaigne est paru dans la collection « Nos héro nes » qu’elle codirige avec Fiammetta Venner chez Grasset.

Tania de Montaigne, romancière et dramaturge, a notamment publié Les caractères sexuels secondaires (Flammarion, prix des Arts afro-caribéens 2009) et Noire (Grasset, Prix Simone Veil 2015), Nous n'avons pas fini de nous aimer (avec Danielle Mérian, Grasset, 2016). Sa première pièce, Le plus beau jour, a été créée au Festival d’Avignon en 2013, mise en scène par Anne Suarez et Remi Bichet, et parrainée par Jacques Weber. En décembre dernier, l’adaptation pour la scène de son roman, Noire, a vu le jour au Centre Dramatique National d’Orléans dans une mise en scène de Stéphane Foenkinos.

 

Au programme à La Vallée Village (3 Cours de la Garonne, 77700 Serris) :

le dimanche 11 juin

Journée littéraire : places limitées, réservation obligatoire à paris.cgc@columbia.edu

En partenariat avec La Vallée Village, et comme prolongation au Salon du livre 2017 où le Maroc était à l’honneur, Columbia Global Centers | Paris propose une journée dédiée à la littérature marocaine.  Cette journée sera agrémentée par l’exposition de Hakim Benchekroun, « Lost in Morocco », une exploration photographique des lieux oubliés du royaume chérifien.

10h30 : "La Diaspora" avec Khalid Lyamlahy et Mai-Do Hamisultane

16h : "Les nouvelles plumes féminines" avec Anissa Bouziane et Madeleine Dobie

Contact : paris.cgc@columbia.edu

Facebook : @CGCParis   

Twitter : @CGCParisCenter  #ecrivainsdumonde

 

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