Paris Center Stories: Bolewa Sabourin

Bolewa Sabourin est danseur-chorégraphe et “artiviste”. Cofondateur de l’association LOBA, il intervient en France et au Congo pour faire de la danse un outil de lutte citoyenne et de reconstruction psychologique auprès des personnes les plus fragiles. Il présente cet automne à CGCl Paris deux événements organisés dans le cadre de notre saison culturelle, “Borderline”.

Bolewa Sabourin is a dancer, choreographer, and “artivist”. Co-founder of the association LOBA, he uses dance as a tool for social activism and psychological reconstruction of victims of sexual violence in France and in the Democratic Republic of Congo.  He will present two events at the Paris Center this fall as part of our cultural events series, “Borderline.”

September 17, 2018

Quand et comment l'association LOBA a-t-elle été fondée ?

En 2008 Par William Njaboum et Bolewa Sabourin. Nous étions deux danseurs qui souhaitions exprimer nos identités multiples à travers l'art et donner la chance à nos ami.e.s d'y parvenir aussi. LOBA veut dire "exprime toi" en Lingala, langue du Congo. C'est un cri du coeur pour donner la parole à ceux dont le verbe ne sort pas facilement.

Quelle est l'origine de votre projet "Re-Création" qui aide les femmes victimes de violences sexuelles à se reconstruire par la danse ?

La Rencontre avec le Docteur Denis Mukwege le 8 mars 2016 à Paris, où il racontait que les femmes là-bas s'exprimait plus par la danse ou le chant que chez un psychothérapeute.

Pourquoi avez-vous choisi d'appeler votre projet "Re-Création" ?

Car on part de la Récréation (le jeu) pour aller à la Re-Création, la reconstruction de soi. Mais pour cela nous devons nous délaisser de l'intellectualisation de nos traumas pour les analyser dans un second temps.

La devise de votre projet est "libère, connecte, transcende". Pensez-vous que la danse est plus libératrice que d'autres outils thérapeutiques ?

La danse est un medium qui permet de libérer à travers le corps, l'esprit et l’âme, tandis que bien des outils thérapeutiques ne font qu'appel à l'esprit, et que nous avons déifié l'esprit.

Votre association intervient auprès des lycéens, pourquoi est-il important de sensibiliser les jeunes aux questions de violences sexuelles ?

Notre action principale intervient une fois le mal fait, c'est bien mais nous ne pouvons pas vivre ainsi toute notre vie. Les lycéen.e.s représentent l'avenir, la solution pour ne pas devenir les prochaines victimes et les prochains bourreaux.

Vous avez récemment écrit un livre autobiographique. Est-ce que cet exercice vous a permis de réapproprier votre histoire d'une autre manière que celle offerte par la danse ?

Effectivement mais ce travail n'a été possible qu'après avoir dansé des années et des années.  Une fois l'expérience incarnée, l'étape suivante était de poser cela par des mots et intellectualiser mes traumas.

Vous vous décrivez comme artiviste. Qu'est-ce qu'un artiviste ?

Un artiviste à mon sens est une personne qui utilise l'art pour conscientiser, mobiliser et solutionner les problèmes que l'humanité rencontre. L'art comme outil d'engagement, de changement, qui régénère les mouvements sociaux.


 

Bolewa Sabourin

When and how was Loba created?

In 2008 by William Njaboum and Bolewa Sabourin. We were two dancers who wanted to express our multiple identities through art and to give our friends that same opportunity. Loba means “express yourself” in Lingala, the language of the Congo. It’s a cri du coeur  that gives speech to those who have a hard time expressing themselves.

How did the project "Re-Création", which helps victims of sexual violence through dance, come about?

At a meeting with Dr. Denis Mukwege on March 8, 2016 in Paris where he said that the women he helps in the Congo expressed themselves more through dance or song than at a psychotherapist’s office.

Why did you choose the name “Re-Creation” for your project?

Because we start from recreation through play in order to move towards “Re-creation,” the reconstruction of self. But to do this we have to leave the intellectualization of our traumas aside and analyze them later.

Your motto is “liberate, connect, transcend”. Do you think that dance is a more liberating than other forms of therapy?

Dance is a medium that allows for freedom through the body, the mind and the soul, whereas other forms of therapy only use our minds, and we have deified the mind.

Your association works with high school students. Why is it important to promote awareness about sexual violence at a young age?

We only act once the wrong has been done – that’s good but we can’t live that way all our lives. High School students represent the future and the solution to finding ways to avoid becoming the next victims and the next aggressors.

You recently wrote an autobiography. Did this exercise allow you to reappropriate your story in another way than through dance?

Yes, but writing the book wasn’t possible until I had danced for years and years. The next stage in the process was to put it all down in words and intellectualize my traumas.

You describe yourself as an artivist. What does that mean?

For me, an artiviste is a person who uses art to create awareness, to mobilize and to find solutions to problems encountered by humanity. Art acts as a tool for engagement, for change, and it rejuvenates social movements.