New Exhibit of Watercolors at the Reid Hall Caféothèque
Until January 2025, the Reid Hall Caféothèque invites Reid Hall members to immerse themselves in the delicate world of watercolor paintings by Delphine D. Garcia. The exhibition, which features a series of fruit and plant studies, is the latest in a series curated by Christina Chirouze Montenegro at Reid Hall. The Caféothèque is open to Reid Hall cardholders Monday through Thursday from 8:30 a.m. to 6 p.m. and Friday from 8:30 a.m. to 3 p.m.
Garcia’s watercolors celebrate the quiet beauty of everyday life. Her works depict pears, prunes, cherries, and dandelion shoots, often casually arranged as though freshly picked. As Garcia herself explains, her work focuses not on depicting the world in its entirety but on capturing the essence of each subject. Philosopher Benjamin Olivennes, writing about Garcia’s work (see below), describes the series as “a poetry of the simple, the ordinary, the blooming springtime, the fruits picked from the garden.”
Born in August 1973, Delphine D. Garcia is a French painter and engraver whose artistic journey began in the early 1990s. After studying under Pascal Bernard at the Beaux-Arts in Compiègne and discovering printmaking, she further honed her skills at the École des Beaux-Arts in Paris from 1996 to 2003, working with influential artists such as Vincent Bioulès and Jean-Michel Alberola. Since 2006, Garcia has lived and worked in Normandy, where her connection to nature—particularly the countryside—has deeply influenced her art.
Exhibition Text by Benjamin Olivennes
“Voici des fruits …
Quelques fruits. Des poires. Des prunes. Des cerises. Des pousses du jardin. Des pissenlits. Posés là devant nous. Sur la feuille ? C’est bien ce qu’il semble. Ils sont disposés les uns par rapport aux autres. Leurs ombres, quelques reflets de lumière sur leurs rotondités, montrent qu’ils sont bien posés dans un espace réel, qu’ils existent. Mais le reste du décor, l’artiste n’a pas cru de son devoir de le représenter, de sorte qu’en effet ces fruits, ces pousses, ordinaires, semblent posés directement sur le papier.
Et les poser sur le papier, c’est bien ce que l’artiste a fait, à l’aide de l’aquarelle. Avec quelques tons (on a presque envie de dire quelques notes), elle a déposé ces fruits sur le blanc du papier, comme elle les avait auparavant cueillis dans son jardin et posé, sans ordre, sur une table sous ses yeux. Quelques touches de couleur sur le blanc du papier, quelques notes dans le silence. Une musique, infiniment délicate, qui serait surtout faite de silence, qui serait cernée par le silence et émergerait de lui, comme celle de Satie, de Debussy, plus récemment d’Arvo Pärt.
Ce sont ces quelques notes que Delphine D. Garcia a posées sur le silence, et qui forment une musique qui vient résonner jusqu’au plus profond de l’âme. On pense à Wyeth, aux japonais. A Cézanne aussi, ce maître de l’aquarelle, des fruits, et du blanc du papier, mais tout ce qui était robustesse, rusticité chez Cézanne est délicatesse chez Delphine D. Garcia, délicatesse qu’on n’ose dire féminine, tant cela n’explique rien, tant c’est cela et bien autre chose que cela. Une poésie du simple, de l’ordinaire, de la floraison du printemps, des fruits qu’on cueille dans le jardin, qu’on met dans un grand récipient sur la table, qui atteste du lien gardé avec la nature, de la présence de la nature dans nos vies, en cette époque où elle est détruite par l’homme chaque jour un peu plus. Une poésie du simple autour de laquelle a tant tourné la peinture en général et la peinture française en particulier, de Chardin à Cézanne, à Bonnard.
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches …”
— Benjamin Olivennes, Novembre 2024